Bonjour,
un message transmis à la demande de Gérard Sensevy.
Simon Modeste
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Chères et chers collègues
Je vous transmets l’appel à communications pour les journées d’études

(Re)mettre l’IA à sa place : explorations pluridisciplinaires

15-16 mars 2027, INSPE de Bretagne, Rennes

Vous trouverez l’appel complet avec les détails concernant la soumission d’une proposition (répondant à l’un des trois axes de travail) en suivant le lien :

https://cloud.inspe-bretagne.fr/s/XBi8FyXY9FkaNfb

Je vous remercie également de le diffuser auprès des personnes susceptibles d’être intéressées.

Très cordialement
Sylvain Laubé
pour le le comité d’organisation : Maël Le Paven Jarno (CREAD/UBO), Fabrice Louis (CREAD/UBO) et  Sylvain Laubé (Centre F. Viète/UBO)  avec le soutien du GIS Marsouin

Problématique :

Dans le contexte de transformations numériques accélérées, deux tendances divergentes émergent quant aux engagements corporels, sensoriels et collectifs dans les pratiques d’apprentissage et de transmission des savoirs.  D’un côté, les IAg – souvent qualifiées de « compagnons », « tuteurs intelligents » ou « agents conversationnels » – s’imposent aussi bien dans le domaine professionnel que privé, voire intime, par une simulation d’échanges anthropomorphiques en langage naturel. Dans le champ éducatif et culturel, ces pratiques instrumentées se traduisent majoritairement par des activités dé-sensorialisées, caractérisées aujourd’hui par une posture assise, le primat du texte/visuel, une réduction sensorielle ainsi qu’un isolement individuel face à l’écran (Serres, 2012 ; Biesta, 2014). D’un autre côté, un ensemble croissant de travaux en sciences humaines et sociales (médiation culturelle, patrimoine, archéologie, histoire, didactique, sciences de l’éducation, STAPS, philosophie, anthropologie) ainsi qu’en réalité virtuelle placent l’expérience multisensorielle, l’engagement corporel et l’énaction au cœur des processus d’appropriation de savoirs  (Classen, 1997 ; Bernard, 2022 ; Ingold, 2000, 2017 ; Varela, Thompson & Rosch, 1991 ; Albero, 2013 ; Collectif Didactique pour Enseigner, 2019 ; Abiven, 2023 ; Davis, 2024 ; Le Paven Jarno, 2025 ; Laubé, 2025).

L’objectif de ces journées est notamment de constituer un réseau international de recherche interdisciplinaire francophone, dans le prolongement du projet de recherche CorSaNum (Corps, Savoirs et Numérique), qui examine les tensions entre la virtualisation croissante des régimes de transmission et de production des savoirs, et la place du corps, des techniques corporelles,  de l’expérience sensible et sensorielle dans les processus en jeu et qui interroge à ce titre l’épreuve du corps face aux enjeux éthiques et démocratiques posés par l’IA générative. Au cours de ces journée d’études, il est proposé d’articuler deux tournants épistémologiques majeurs :

  • Le sensory turn (Howes, 2022 ; Classen, 1997 ; Pink, 2009), qui invite à dépasser le textualisme et le visualisme pour penser les savoirs à partir de la corporéité, des sens et de la perception située ;
  • Le digital turn (Mounier, 2010 ; Doueihi, 2011 ; Berry, 2011), qui analyse la reconfiguration des environnements de culture, d’information et de formation par l’instrumentation numérique.

À la croisée de ces deux perspectives, l’émergence récente d’un « IAg turn » pose ainsi une question d’actualité cruciale : comment « (re)mettre l’IA à sa place » dans les environnements d’apprentissage comme de transmission des savoirs ?